Rédaction : Elsa (la sérieuse)
Commentaires (bêtes et méchants) Popy
Qui a fêté son anniversaire le premier ? Quand ? Est-ce que Elton John est venu chanter ? Y a-t-il eu un cadeau ? ... Bon, tu vas pas commencer Popy !
On ne peut guère parler d'un créateur de la tradition ni mentionner une "première" mais on peut situer l'origine des anniversaires. C'était à l'époque antique, avec les cultes rendus aux dieux et les fêtes données chaque année en l'honneur d'un héros, mythique ou non. Respect, on savait déjà faire marcher le commerce ! Sans compter qu'en rappelant les héros (irréprochables bien sûr) au bon souvenir des gens, on pratiquait le concept du Père Fouettard : attention, filez droit sinon punition, vous êtes observés de là-haut ! - les ancêtres des radars quoi ! N'importe quoi !
Le principe de l'anniversaire a commencé là, commémorer une naissance ou un événement par une cérémonie festive et publique.
Dans l'histoire de l'humanité, une affaire de haute importance concerna deux naissances qui créèrent une rivalité religieuse, celle d'un certain Mithra et celle d'un certain Christ.
Mithra est le dieu de lumière (soleil) et de sagesse, LE dieu de la Perse (Iran actuel). Il a emprunté à Ahura-Mazdâ et à l'Avesta, (écritures sacrées zoroastriennes) leurs spécificités pour établir son culte.
Il est le fournisseur de l'énergie vitale et il symbolise la régénération physique par l'énergie du sang d'un taureau sacrifié, par l'énergie solaire qui est la suprême lumière visible, et par l'énergie divine. Les prières sont toujours récitées face à lui.
Et bien entendu il était fêté ainsi que sa qualité de premier dieu l'exigeait, au jour anniversaire de sa naissance : un 25 décembre, époque de la renaissance du soleil. Un banquet d'immortalité "mithraea" réunissait ses fidèles. Un taureau était sacrifié pour l'occasion et sa chair était mangée par les adeptes en souvenir du combat où Mithra égorgea un taureau dont le sang répandu donna naissance aux animaux et aux végétaux.
Au VIIe siècle av. J.-C. Mithra, fort de sa renommée, conquit l'Asie mineure, passa par la Grèce où il fut apparenté à Hélios le dieu soleil grec de l'époque, puis arriva peu à peu jusqu'à Rome vers 68 av. J.-C.
Là, sous la forte poussée de son succès, et l'ouverture aux influences religieuses étrangères des Romains, Mithra s'installa tranquillement. L'adaptation locale en fit le Sol Invictus" (Soleil Invincible). En 274, l'empereur romain Aurélien déclara le culte de Mithra religion d'état et son jour anniversaire du 25 décembre, jour de célébration ! Happy Birthday - nous sommes dans les anniversaires là !
Mais un rival était rentré en piste, et pas n'importe lequel s'il vous plait, le Christ !
Nous savons comment le christianisme a lutté contre les cultes païens en établissant son propre calendrier de commémoration à des dates de rites païens pour les concurrencer. Mithra se fêtait un 25 décembre, Jésus le fut donc aussi… alors que dans l'esprit de la Bible, le jour de la mort prévaut sur celui de la naissance puisque c'est le passage au paradis alors que la naissance est entaché du péché originel (d'où l'importance de Pâques qui est la plus grande commémoration chrétienne, bien avant la Nativité)… mais qui veut la fin…
Donc, en 354 l'Église avec le pape Libérius établit la fête de la Nativité. Il faut dire que les premiers chrétiens ne furent pas chauds pour reprendre ce principe des païens.
Au XIIe siècle, la mise en place dans les paroisses de l'enregistrement des naissances, favorisa l'installation de la tradition des anniversaires en Europe. La fête comprenait évidemment un repas spécial escorté d'un gâteau aux bougies – les bougies en raison de leurs valeur symbolique, le gâteau parce que, depuis la trouvaille du premier gâteau, c'est la tradition d'en manger aux festins. Vous avez vu comment l'homme va vite à repérer les bonnes choses !
Voili voilà dans ses très grandes lignes comment la tradition de fêter les anniversaires s'est inscrite dans la marche du temps. C'est génial de faire la fête ! Et qu'est-ce qu'on s'en fiche que ça fasse marcher le commerce ! Les ronchons au vestiaire et les gais-lurons aux rires et chansons. Beaumarchais disait... Minute, c'est moi qui informe, toi tu es là pour ... faire joli, merci ! Bref ... Il disait "Je me presse de rire de tout, de peur d'être obligé d'en pleurer" (extrait de Le Barbier de Seville).