Dans notre vieille Gaule et en Grande-Bretagne, ce n'était pas des rameaux de verveine que l'on cueillait au nouvel an (comme chez les Latins), mais du gui. Et s'il vous plait, cette mission était confiée aux druides parce que la plante était sacrée - elle avait le pouvoir de tout guerir ! Ce qui induisait que ces vénérables personnes, âgées pour la plupart, étaient chargés de cette mission et qui plus est... avec des serpes en or !
Attention, ils ne cueillaient essentiellement que le gui de chêne, ainsi que nous le savons tous depuis l'école (ou depuis Astérix pour ceux en rattrapage) !
Là, nous entrons au cœur d'une cérémonie sacrée, parce que cette cueillette ne se faisait pas n'importe comment !
- Il fallait que ce soit au début de l'année, le 6ème jour, ou la nuit de la sixième lune après le solstice d'hiver.
- De plus, le gui était recueilli sur un drap (blanc, pureté oblige) pour qu'il ne se souille pas en touchant le sol.
- Ensuite, il était immergé dans de l'eau lustrale.
- Et puis 2 taureaux blancs étaient sacrifiés (oui ben quand on voit ce qui se passe dans les corridas... on ne fait pas mieux maintenant !)
- Et le peuple en liesse criait "Au gui l'an neuf !"
En fait, selon certains spécialistes, les gens disaient plutôt "O Ghel an Heu !" soit : "le blé germe"… ce qui correspond au solstice qui est le temps du retour du soleil.
Quoiqu'il en soit, le terme "Au gui l'an neuf" – impropre ou non – a fait son chemin. Et suspendre du gui dans sa maison ou à sa porte, reste symbole de protection comme lorsque les druides le brûlaient pour honorer leur dieux et en distribuaient à l'assistance pour que chacun soit protégés des mauvais coups du sort.
De là à penser que la tradition de s'embrasser sous le gui vient de cette cérémonie celte, il n'y a qu'un pas qui est fort probable.