Sommaire :
 

Une histoire de galette
L'histoire de la galette n'est pas aussi simple que l'est ce délicieux gâteau.
En effet, entre la tradition et l'avis des historiens, il y a de la place pour maintes versions, toutes différentes et finalement qui valent le coup d'être connues.
En voici quelques unes parmi les principales qui circulent.
 
La galette païenne
Le gâteau des rois est peut-être d'origine païenne, issue notamment des Saturnales romaines, qui, comme son nom l'indique étaient dédiées au dieu Saturne et avaient lieu au solstice d'hiver.
Or il se trouve que pendant une certaine période, ce solstice était fêté le 6 janvier ! Et certains dieux grecs ou orientaux étaient aussi fêtés ce jour-là – dure concurrence pour l'Eglise et son Epiphanie ! Ces fêtes étaient l'occasion de grandes réjouissances (pour ne pas dire de débauches) et de banquets.
Par exemple : les romains mangeaient un gros gâteau rond et doré, comportant une fève pour élire le roi du festin, qu'il fut maître ou esclave. Et tout le monde devait lui obéir ce jour-là. Dans les légions romaines, un roi était aussi désigné par le tirage au sort de la fève, excepté que là, les participants au tirage étaient choisis parmi les condamnés à mort. Le roi élu avait alors "l'avantage" de participer à la fête de la garnison avant d'être exécuté... la cigarette du condamné quoi !
 
A noter cependant que pour certains experts, entre autre le folkloriste Arnold Van Gennep, ce n'est pas chez les Romains, ni chez les Gaulois ou les Celtes qu'il faut chercher l'origine de cette tradition.
 
Le gâteau des chanoines
Toutefois, si origine païenne il y a, l'Eglise qui s'est pourtant donnée du mal pour faire disparaître tous les rites païens, n'a pu empêcher la coutume des rois de perdurer.
On a même signalé que jadis, la veille de l'Epiphanie…
"dans chaque cathédrale, les chanoines élisaient un roi parmi eux et l'installaient en grande pompe sur le maître-autel, où chacun venait lui offrir des présents. Un festin que ce roi présidait, couronnait ce jour de réjouissances. Les fidèles, en rentrant chez eux, imitaient ce qu'ils avaient vu faire à l'église et choisissaient un roi, par le moyen d'un fève introduite dans un gâteau." (Revue des Traditions populaires, 1886, n° 1 ; 1919, n° 34, Paris, Maisonneuve frères et Ch. Leclerc.)
En particulier, un chanoine de Besançon (du XIVe siècle) est cité comme l'instigateur de cette tradition. A chaque Epiphanie, il faisait élire un maître de chapitre par un tirage au sort qui consistait à mettre une pièce dans un pain.
Puis l'occasion faisant le larron, les chanoines comprirent vite que c'était meilleur en remplaçant le pain par de la brioche, voire un gâteau confectionné tout exprès.
Au XVe siècle, la coutume des chanoines se popularisa sous le nom des "gâteau des rois".
 
La galette des boulangers
Mais voilà-t-il pas qu'au siècle suivant, il y eut une guerre fratricide entre les boulangers et les pâtissiers qui voulaient chacun s'attribuer le monopole de la fabrication du fameux gâteau !
Alors les boulangers eurent l'idée de génie (si si) de contourner le problème en inventant une nouvelle recette du gâteau qu'ils baptisèrent la galette ! Il parait qu'ils l'offraient gracieusement le jour de l'Epiphanie à leurs clients. Vous entendez les boulangers d'aujourd'hui ? C'était gra-tuit !
Mais c'est pas tout… ces chers boulangers mettaient dans le gâteau une fève ! Et celui qui la trouvait dans sa part devait offrir une autre galette (payante) à l'assistance. Malins décidemment ces boulangers ! Tant qu'on est dans les origines, ne pourrait-on pas voir là celles du marketing ?
Quoi qu'il en soit, les boulangers n'ont quand même pas inventé la fève puisque les Romains l'utilisaient déjà pour leur gâteau des Saturnales.
 
La gâteau de l'Egalité
C'est comme ça que sous la Révolution française, la galette des Rois fut rebaptisée parce que le Maire de Paris avait fait paraître un décret interdisant tout court l'existence de cette galette… On comprend que roi et révolution ne font pas bon ménage mais certaines choses ont la vie dure !
 
Et la fève ?
D'abord, n'oublions pas qu'elle est le symbole de la vie.
De l'avis quasi général, les origines de la fève remontent aux Saturnales romaines où le gâteau des festins était truffé d'une fève – une vraie. Son symbole de vie étant le don de la terre à la saison ascendante du renouveau qui arrive, explique sa présence aux Saturnales.
Mais de tradition religieuse païenne en tradition religieuse chrétienne (avec l'Epiphanie) la galette a perduré et s'est transformée en tradition familiale et de convivialité entre amis. Aujourd'hui, l'action commerciale musclée des boulangers et pâtissiers, a donné un regain de faveur à cette tradition.
Jusque dans les années 1870-1885, les fèves étaient naturelles. Puis elles ses transformèrent en objets de porcelaine. Dur-dur pour ceux qui l'avaient tirée et l'avalaient pour ne pas être obligé de payer une autre galette !
Nous vous convions à visiter l'excellent site www.fbophilie.com sur les collections de fèves en tout genre. Un petit bijou.
 
Tirer les rois
C'est un rituel qui, selon les époques et les provinces a instauré diverses coutumes. Mais à quelques variations près, on peut dégager une ligne générale.
Longtemps on a fait appel à un enfant pour attribuer les parts une fois le gâteau découpé. Les premières étaient réservées aux absents (un fils à l'armée par ex.) ou à un pauvre qui se serait présenté (la part du bon Dieu), voire à un visiteur imprévu.
Celui ou celle qui trouve la fève dans sa part devient le roi ou la reine et s'attribue la couronne. Puis il (ou elle) choisit un roi (ou une reine) parmi les convives, et offre une nouvelle galette à manger, de suite ou généralement la semaine suivante.
 
Imprimer  
Réduire

 

(c)2005-2008 Egyo Systems Conditions d'utilisationConfidentialité