La coutume des œufs décorés
Elle ne date pas du christianisme et de sa fête de Pâques, puisque certains peuples de l'Antiquité la pratiquaient déjà pour fêter le renouveau de la nature, tels que les Perses, les Egyptiens, les Romains ou les Ukrainiens (dont cet art porte le nom de pysanky).
La couleur de déco majoritaire la plus ancienne est le rouge, symbole d'énergie mais aussi du sang du Christ.
Les œufs célèbres décorés par des célébrités
Le peintre Watteau a fait des décorations d'œufs qui sont des œuvres d'art.
Le poète Mallarmé a écrit des vers sur ceux qu'il offrait – de l'art aussi.
Mais la" Haute Décoration des œufs" (comme on dit "la Haute Couture") * a eu son sommet à la fin du XIXe siècle, avec les célébrissimes œufs de Fabergé à la cour de Russie.
*ndlr : pur délire inventif de la rédactrice
Pierre Karl Fabergé (1846-1920) est le plus grand orfèvre de son temps. D'origine française, il est né à Saint Petersbourg où il a repris la joaillerie de son père. Il fut nommé fournisseur de la cour par le tsar Alexandre III puis fournisseur des rois de Suède et de Norvège. Et c'est en 1900 qu'il a présenté, hors concours, à l'Exposition Universelle de Paris, les œufs-cadeaux impériaux de Pâques.
Ils font partie de ses œuvres les plus célèbres. Le premier fut créé en 1884 à la demande d'Alexandre III qui voulait l'offrir à son épouse danoise. L'œuf était d'une grande élégance, en émail translucide et incrusté d'argent, de pierres précieuses et d'or. Son succès fut tel que le tsar demanda à Fabergé d'en créer un par an pour l'offrir à la tsarine. Ce qui fut fait. Et la tradition fut perpétuée par les successeurs du tsar.
De plus, chaque œuf devait contenir une surprise à l'intérieur, une surprise que Fabergé, devait garder secrète – même du tsar – jusqu'au jour de Pâques. "Votre majesté sera satisfaite" répondait-il invariablement à ses questions.
Puis d'autres œufs furent commandés pour commémorer des dates importantes telles que le couronnement de Nicolas II ou l'avènement du chemin de fer vers la Sibérie.
La collection compte 56 œufs-joyaux impériaux conçus entre 1884 et 1916 et dont la décoration s'inspire de l'art byzantin.
Aujourd'hui une dizaine sont au Kremlin, 2 appartiennent à la reine Elisabeth II et 12 autres auraient été achetés par un éditeur-écrivain américain Malcom Forbes. Le reste de la collection est dispersé.
A artistes de renom, souvent œuvres exceptionnelles. Quand l'une d'elles apparaît sur le marché international de l'art, il n'est pas rare que le prix de vente de ces œufs soit vertigineux… quelques millions de livres par exemple. Ce qui fait cher de l'œuf si l'on n'y voit que ça ! *
* La rédactrice s'excuse de son inhabituelle petitesse
Pour en revenir à des choses plus simples, nos modestes œufs de poule d'autrefois décorés de couleurs multicolores ne viennent plus depuis déjà longtemps de la poule mais de chocolatiers et autres confiseurs. Ce qui d'ailleurs fait le délice des enfants bien plus que l'omelette qu'ils mangeaient après la chasse aux oeufs, non ? Quoique… une délicieuse omelette bien baveuse…mais passons. *
* La rédactrice s'excuse encore d'introduire ici des considérations personnelles
En outre, ils ont l'avantage d'être fourrés d'une petite surprise à l'intérieur, et leurs formes offrent une variété infinie… Petits personnages, animaux (notamment d'adorables lapins), objets divers, imitation de jouets. Bref, aux chocolatiers de puiser dans leur imagination. Par contre, ils ont gardé leurs couleurs pétantes ou tendres d'antan !