Elle est très ancienne puisqu'elle date de la Rome antique (753 av. J.-C.), au temps des rois légendaires, donc bien avant les empereurs et la république romaine.
La, il est question d'un certain Tatius Sabinus, roi des Sabins (peuple d'Italie centrale qui a fondé la première population de Rome avec les Latins). Il se rendit célèbre en combattant Romulus qui avait été l'instigateur du fameux enlèvement des Sabines – ce qui ne l'empêcha d'ailleurs pas de régner ensuite avec lui sur Rome… Bref.
Ce roi-là aurait reçu en hommage, le premier jour de la nouvelle année, des branches de verveine coupées dans un bois sacré appartenant à la déesse Strenia (qui veillait sur la santé des gens). A-t-il pensé que ce geste était de bon augure ? Toujours est-il qu'il autorisa ses courtisans à élargir cet hommage aux magistrats et autres gens dits "de qualité", chaque premier jour de l'année.
Les premiers rites du Jour de l'An étaient nés !
… Et de fil en aiguille, la coutume se répandit et s'élargit à d'autres bénéficiaires. Les rameaux de verveine se virent complétés (voire remplacés) par des douceurs telles que des dattes, des figues ou du miel, quand ce n'était pas des petits objets taillés dans le bois sacré de Strenia.
Puis s'ajoutèrent au fil du temps d'autres petits présents comme des chandelles, des poupées, des rubans… Somme toute, à chacun selon son imagination. Mais l'Empire Romain devenant de plus en plus riche, la simplicité fut oubliée et les petits présents devinrent carrément de gros cadeaux – cadeaux parfois mirifiques. Il n'est qu'à citer un texte d'Ovide qui fait dire par la voix du dieu Janus, que les gens des siècles précédents avaient été bien simples de croire que le miel était plus doux que l'argent (monnaies et médailles) !
Voila pourquoi le mot "étrennes", du latin strenae serait issu du nom de la déesse Strenia.