Sommaire :
 

Pour les sans Valentin(e)
Deux cas se présentent :
a/  vous êtes seul(e) face à la solitude et vous vous en foutez
b/  vous êtes seul(e) face à la solitude et ça vous torpille
Cochez la case.
 
Résultat :
a/ Vous vous en fichez éperdument et vous n'avez besoin d'aucune ruse ou lieux de ruse pour passer la journée et la soirée et la nuit de façon inhabituelle et festive, autrement que selon votre bon vouloir. Bye.
b/ Vous ne pourrez pas supporter de penser aux couples qui font la fête et tout le tralala sans sombrer dans une déprime de 1000 m. au dessous du niveau de la mer. Okay, prenez le monte-charge.
 
Monte-charge
 
1. Vous n'êtes pas en mesure d'affronter l'adversité : restez chez vous ce soir-là de la façon suivante :
La veille, prévoyez de :
  • Louer quelques DVD documentaires (la vie des moustiques en Alaska, le problème existentiel des termites, l'aspect des cigales avant de sortir de terre pour chanter…). Eviter les sujets conquérants du genre le lion d'Afrique, le taureau de Camargue, le cheval de la pampa argentine
  • Acheter une boite Wiskat de luxe (ou Wisdog) et un coq au vin Sopiket + une eau minérale grand standing, 1 pack de coca (non light) ou de bières trappistes (haut de gamme) – ou un assortiment de thés et autres infusions selon votre appartenance sexuelle
  • Acheter le bouquin (de poche ça suffira) Ainsi parlait Zarathoustra de Nietzsche. Si introuvable, se contenter de la vie de Linda de Souza et de sa valise en carton (mais la chose est devenue rare aujourd'hui)
  • Chercher sur la radio la fréquence de France-Culture (mais si vous trouverez même sans l'avoir jamais fait) et garder la sélection précieusement
  • Vous munir d'une corde pouvant supporter d'amarrer 80 kg (prendre au besoin plus que moins, c'est plus sûr)
 
Le soir de la Saint-Valentin :
  • Précipitez-vous at home à la sortir du boulot, le nez en l'air ou la tête baissée pour ne pas voir les bouquets de fleurs défiler dans les rues au bout des mains niaises ou m'as-tu-vu. Au besoin, pour une fois, prenez un taxi quitte à vous mettre le baladeur aux oreilles pour ne pas supporter le discours du chauffeur qui, for-cé-ment, vous voyant seul(e), vous parlera du sujet tabou. Attention aux étourderies : ne plus répondre au téléphone (les gens à la voix susurrante pour vous demander si vous la fêtez la Saint Val… y en a !... Et qui sait ? On la (le) connaît ?... Allez, raconte...)
  • Arrivé(e) chez vous, balancez votre manteau et vos chaussures n'importe où comme d'hab pour bien montrer (ne serait-ce qu'au chat) que vous n'êtes pas affecté(e) par quelque chose
  • Puis là, mettez en action les astuces de la soirée qui vont vous faire supporter la cruauté sociétale et vous détourner de votre haine rancunière et noire. Premièrement, préparer sur un plateau la bouffe-gala pour votre chat (chien) et pour vous. Y ajouter des accessoires dénichés au fond du placard (chips, cahouètes, deep sauce…) et croquettes pour décorer le wiskat ou dog. Ensuite, installez-vous devant la télé avec le plateau et commencez la vision des DVD (dans un ordre aléatoire pour ne pas vous prendre la tête avec des questions métaphysiques). Ménagez-vous quelques entractes pipi et petits coups direct à la canette – pour les infusions, ça sera plus long mais prenez votre temps. Ah oui, l'eau minérale c'est pour le chat (chien) ! Pour ceux qui aiment partager, pensez à échanger quelques bouchées avec votre animal.
  • Après que les documentaires aient été vus (jusqu'à la lie) (ou l'hallali) faites quelques exercices d'étirements (sans aller jusqu'au stretching-torture) au son apaisant de France Culture. Les hommes y ont généralement une belle voix chaude et les femmes une voix d'hôtesse de l'air.
  • Munissez-vous du Zarathoustra (de poche) et cocoonez-vous sous la couette, lampe de chevet braquée (mais soft) sur le bouquin. Lisez et laissez-vous porter par la vague de l'assoupissement. Attendre.
Le sommeil arrivera. Et le lendemain, le cauchemar sera terminé !

MAIS…
Si Morphée joue à la garce avec vous, il vous reste une dernière chance… la corde.
(A condition que vous ayez un clou adéquat).
 
2 – Vous êtes en mesure d'affronter l'adversité, sortez ce soir-là de la façon suivante :
Faites au choix, ou tour à tour selon votre capacité d'endurance :
  • Un petit tour à la piscine : l'eau vous enrobera de sa tiédeur fluide et caressante. Vous vous sentirez détendu(e) au point d'aller prendre un verre au bar (ou à l'infâme distributeur) qui sont l'un et l'autre un lieu de rencontres inattendues. Là, vous tenterez votre chance, quitte à attendre un petit moment qu'elle vienne parce que c'est bien connu qu'il faut l'aider, la chienne !
  • Une séance de massage : des mains professionnelles vous enroberont, expertes et caressantes pour une séance californienne, thaïlandaise, nouvelle-zélandaise ou inuite…  Là, vous tenterez votre chance si l'expert(e) déclenche une zone de turbulence au fond de votre âme, de votre cœur, ou de votre corps… Qui sait ?...
 
  • Une séance au ciné avec un film érotique (nous disons bien érotique et non porno qui décoche ses coups lâches et bas sous la ceinture – déconseillé ab-so-lu-ment pour cause de primalité) ; les scènes vous plaqueront à la peau leur suggestivité lascive et vous feront délicieusement frissonner. Là, vous tenterez votre chance en repérant sournoisement (ou ostensiblement selon votre nature) un(e) partenaire possible, esseulé(e) sur son fauteuil

  • Un tour dans une librairie : vous vous rendrez direct au rayon hard et n'hésiterez pas à prendre en main un magazine de cette littérature bandante. Puis vous attendrez (tout en vous rinçant l'œil sur les photos) qu'un possible et futur partenaire arrive l'air de rien, et feuillette aussi un magazine. Là, vous tenterez votre chance en lui demandant l'heure, ou l'adresse d'une autre librairie mieux approvisionnée, ce qu'il (elle) pense de la qualité (moyenne-moyenne) des photos "vous ne trouvez pas ? ou s'il y a de quoi boire un verre dans ce coin où vous venez pour la première fois

  • Une séance à la salle de fitness : nous vous rappelons que l'exercice physique est salutaire pour tous les compartiments de la vie, aussi bien l'entretien de la santé, que le ressourcing psychologique quand on a un coup de mou, ou meubler à l'arrachée un manque dévastateur. Vous sentirez la sueur couler délicieusement sur votre peau comme une caresse, vos muscles se bander sous l'effort intense, puis au sommet de l'effort, se détendrent comme… Le plaisir du bien-être vous envahira alors de sa suavité bienfaitrice. Là, dans ce haut lieu de drague, tentez votre chance sera un acte jugé sociable si vous le faites avec tact.
 
En tout cas, bonne chance quelque soit la solution adoptée, même si c'est une à vous.
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