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Aphrodite, Vénus et leurs histoires
Aphrodite et Vénus sont les deux plus célèbres déesses de l'Amour, de la Beauté et de la Fécondité. La première est Grecque, la seconde lui fut assimilée et vient de Rome.
Avec le sentiment d'amour, elles incarnent l'attraction instinctive et voluptueuse ainsi que la séduction, le plaisir, la joie dans l'échange, la communion affective.
Sous leur symbole, réside en l'être humain la joie de vivre dans l'enivrement des sens et dans le plaisir raffiné et spiritualisé de l'esthétique.
Elles règnent sur la tendresse, les caresses, le désir amoureux et la fusion sensuelle… le bonheur en somme.
On ne les voit que sous les plus beaux aspects ; elles sont le type achevé de la beauté féminine.
 
Aphrodite
 
Ses origines
Primitivement, elle était connue sous le nom d'Aphrodite Ourania (venant des cieux) et d'Aphrodite Pandemos (déesse du peuple). Platon a repris ses deux noms dans son Banquet.
  • Selon la tradition (Théogonie d'Hésiode) elle est issue de la semence d'Ouranos (le Ciel) d'une curieuse façon : suite à une histoire de famille, Cronos le jeune Titan fils d'Ouranos s'est pris de querelle avec celui-ci et lui a tranché les organes sexuels qu'il a jeté dans la mer. La semence s'y est répandue, et mêlée à l'écume elle a donné le jour à Aphrodite.
  • Selon Homère dans l'Iliade, elle est la fille de Zeus et Dioné l'Océanide.
On l'appelait parfois Acidalie.
La belle était mariée à Héphaïstos – celui qui fut assimilé par les Romains à Vulcain. Ce dieu du Feu et des métaux était bien laid, et d'après Hésiode dans sa Théogonie, il boitait des deux pieds pour avoir été (selon certaines légendes) balancé du haut du mont Olympe par Zeus lui-même (à cause encore d'une histoire de famille).
Parmi ses enfants, toujours selon certaines versions de l'époque, Eros serait son fils mais pour le poète grec Hésiode, ce jeune dieu n'aurait pas été engendré mais serait sorti tout droit du Chaos.
Ses sanctuaires vont de Chypre à la Sicile, le principal (aujourd'hui détruit) ayant été à Cythère.Est-ce pour cela que cette petite île de la mer Egée passe symboliquement pour l'île des plaisirs amoureux ?
 
Sa représentation
C'est la sculpture grecque de la fin du Ve s. au IVe s. av. J.-C. qui a créé les représentations les plus célèbres de la déesse qui apparaît debout, à demi vêtue. La colombe lui est associée et d'ailleurs on la représente souvent dans un char tiré par ces oiseaux.
Les Trois Grâces composent sa suite. Ce sont 3 divinités mineures du panthéon, personnifiant la beauté, la douceur et l'amitié.
Ces œuvres furent connues grâce aux copies qu'en on faites les Romains qui se sont notamment inspirés de Praxitèle avec l'Aphrodite d'Arles (Louvre) et l'Aphrodite de Cnide (musée du Louvre et Vatican) ou de Callimaque d'Athènes avec l'Aphrodite Genitrix.
 
Ses symboles
Aphrodite symbolise les forces irrépressibles de la fécondité, plus dans le désir passionné qu'elles allument chez les vivants que dans leurs fruits. D'après Homère : "Elle égare même la raison de Zeus qui aime la foudre, lui, le plus grand des dieux. Et parlant des fauves qui l'escortent : Elle atteignit l'Ida* aux mille sources, la montagne mère des fauves : derrière elle marchaient en la flattant les loups gris, les lions au poil fauve, les ours et les panthères rapides, insatiables de faons. A leur vue, elle se réjouit de tout son cœur et jeta le désir en leur poitrine ; alors ils allèrent tous à la fois s'accoupler dans l'ombre des vallons. (Hymnes homériques, trad. J. Humbert, Paris, 1960 – p. 36-38).
C'est l'amour sous sa forme uniquement physique qui est décrit là, il n'a pas encore atteint le niveau humain avec sa liaison d'âme. Doit-on y voir un symbole de perversion sexuelle car l'acte de fécondation n'est pas recherché dans l'acte d'amour ? Ou bien ce mythe d'Aphrodite pourrait rester à cette image de perversion, de forces vitales, de joie de vivre parce que l'amour ne serait pas humanisé et resterait au niveau animal, digne des fauves qui font cortège à la déesse ? La question est à l'étude.
* Mont Ida : montagne du nord-ouest de la Turquie qui fut le tombeau de la déesse Cybèle.
 
Parmi ses nombreuses légendes
Il ne faut pas oublier qu'Aphrodite est à la base des raisons qui déclenchèrent la guerre de Troie.
L'affaire a commencé au banquet donné pour le mariage du roi mythologique Pelée et de la nymphe Thétis. Toutes les divinités y avaient été conviées sauf Eris, la déesse de la Discorde. Avec une fonction comme la sienne, vous pensez bien qu'elle allait la semer la discorde pour se venger de l'affront !
Elle l'a fait ! La peste a jeté dans l'assistance une pomme d'or en demandant à Zeus de l'offrir à la plus belle des trois déesses : Héra, Athéna ou Aphrodite. Le grand chef macho s'est défilé pour ne pas avoir de problème… Seulement, voilà, les trois miss monde s'étaient déjà placées sur les rangs de la compétition ! Ne voulant donc pas en rester là, elles ont demandé au jeune prince troyen, Pâris, de trancher. Comme il reculait lui aussi devant une telle responsabilité, elles lui ont promis chacune une récompense :
- Héra n'a pas fait dans le détail en lui promettant la puissance royale
- Athéna a voulu faire aussi bien en lui promettant ce qui ne pouvait qu'émoustillé un prince : la gloire militaire.
- Restait Aphrodite : tout simplement, elle lui a promis l'amour de la plus belle des mortelles !
Là, elle avait touché la corde sensible du prince ! Du coup, il l'a désignée comme étant la plus belle des trois (et puis aussi parce que c'était vrai, non ?). Et la récompense est tombée : elle a offert la belle Hélène de Troie à Pâris. Mais…
Mais la belle était mariée et l'heureux mari n'était autre que le roi grec Ménélas. Pfeeuuu ! pensa Paris à qui l'amour d'Hélène avait donné des ailes. Il l'a enlevée ! La guerre a été déclarée.
Aphrodite y fut blessée par Diomède, mais étant une divinité, donc immortelle… ce ne fut qu'un incident, un détail.
Voilà comment, pour une coquette, eut lieu la guerre de Troie.
Une curiosité est à noter pour la petite histoire mythologique : celle de la présence à cette guerre du prince troyen Enée, fils d'Anchise et de Vénus, la déesse romaine de l'Amour. On connaît l'histoire d'Enée et comment il a réussi à s'échapper de Troie avec l'aide de sa divine mère, puis sa longue errance avant d'arriver en Italie où il a fondé la civilisation romaine. (Cf. l'épopée l'Enéide de Virgile).
 
Vénus
 
Primitivement, avant d'être assimilée à Aphrodite vers le IIe s. av. J.-C. elle était la déesse protectrice des jardins et du charme (pris dans le sens de la magie comme dans celui de l'amour).
Au fil du temps, son nom a supplanté celui d'Aphrodite… à un point tel que la célébrissime statue de la Vénus de Milo, est une statue grecque qui représente donc en fait Aphrodite.
 
Ses origines
Tout comme Aphrodite, elle vient de l'écume de la mer et elle est mariée à Vulcain, l'équivalent d'Héphaïstos, aussi laid et boiteux que lui. Comme quoi, l'amour… !
De sa liste d'amants divins et de nombreuses aventures, un nom est à retenir : celui de Mars (dieu de la Guerre) puisque c'est de cette union que naquit Cupidon, l'adorable et farceur petit dieu romain de l'Amour.  
 
Son culte
Comme elle fut un personnage important du panthéon romain on lui dédia des fêtes (notamment au mois d'avril) ainsi qu'un jour de la semaine, le vendredi.
Jules César l'honora tout particulièrement mais il faut dire qu'en se croyant issu de la descendance de l'un des fils de la déesse, Enée, il s'inscrivait dans la parenté de la déesse. Il lui fit donc construire un temple dans le Forum de Rome – le Temple de Genitrix – puisque c'est en tant que mère d'Enée qu'il l'honorait. Et vu qu'Enée était le fondateur de Rome, on voit l'importance de l'affaire… et pourquoi ledit temple était l'édifice le plus important du Forum.
La divine déesse est l'un des personnages mythologiques les plus représentés en sculpture comme
en peinture où elle apparaît nue et sensuelle : La Naissance de Vénus de Botticelli, La Vénus d'Urbino de Titien, La Vénus au miroir de Veslasquez, etc.
Outre l'Amour, elle symbolise aussi le printemps, qui est la saison d'amour chez les animaux.
 
Une légende de Vénus avec Cupidon
Le petit angelot ailé a eu des débuts un peu hard. En effet,  prévoyant les troubles que le chérubin causerait plus tard, le grand Jupiter demanda à maman Vénus de se défaire de lui. Quelle horreur, se dit la maman en question !
Et pour le dérober à la colère du chef des dieux, elle le cacha dans un bois où il fut obligé de sucer le lait des bêtes pour se nourrir.
Mais, n'échappant pas à son destin, dès qu'il fut en âge de manier l'arc, il s'en tailla un dans du frêne et confectionna des flèches dans du cyprès. Puis s'en alla essayer le tout sur des animaux avant de décocher ses flèches dans le cœur des pauvres (… ou fortunés s'ils vivent bien leur amour) humains.
 
 
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