Sommaire :
 

Les droits et obligations à travers les âges
Rédaction : Elsa

Tous les systèmes juridiques issus du droit romain et du droit canonique sont demeurés fidèles à la monogamie.

Dans la Rome antique
Le droit reconnaissait les justes noces (justae nuptiae) mais aussi d'autres sortes d'unions.
Pas de justes noces sans que les deux époux soient pubères et consentants. Consentement demandé aussi du pater familias, et surtout pas de mariage précédent non dissous.
On distinguait :
le mariage solennel et religieux par confarreatio, réservé aux patriciens
le mariage plébéien par comptio ou par vente fictive de la femme à son mari
le mariage par usus, qui résultait de la cohabitation prolongée de l'homme et de la femme pendant un an.
Le mariage pouvait être fait soit :
- Cum manu : ce qui soumettait la mariée à la manu de son mari, ou du pater familias si le mari était alieni juris). La femme ne pouvait demander le divorce alors que son mari en avait la possibilité.
Quand elle était sui juris, propriétaire de biens propres, ceux-ci tombaient dans le patrimoine du mari.
- Sine manus : la femme ne tombait pas sous le pouvoir de son mari et n'entrait pas dans sa famille. Ce type de mariage pouvait être dissous par le divorce demandé par l'un ou par l'autre.
Le droit romain comprenait d'autres modèles de mariage :
- le concubinat qui, d'abord sans effets juridiques, devint sous le Bas-Empire, un véritable mariage (de degré inférieur) portant obligation de fidélité et pouvant légitimer les enfants issus de ces couples
- le matrimonium sine connubio (mariage du droit des gens) pour les mariés qui ne possédaient pas le jus connubii
- le contubernium (union de 2 esclaves ou d'une personne libre avec un esclave).
 
En Grèce ancienne
Les conditions et les rites variaient selon les cités, mais le mariage assurait la continuité de la famille et du culte domestique.
Le plus souvent, la femme était livrée à son époux sans son consentement. Les lois incitaient les citoyens à ne pas rester célibataires, faisant quasiment du mariage une obligation (ce qui n'a pas empêché qu'il y ait un bon nombre de célibataires surtout à la fin de l'époque hellénistique).
Sur le plan juridique, on retrouve des traces du mariage primitif par rapt, à l'époque "classique", modèle qui fut suivi du mariage par achat, à l'époque homérique.
A Athènes, on se mariait juridiquement soit par enguêsis (contrat de fiançailles entre futur époux et tuteur de la femme avec dot), soit par epidikasia (cas particulier ou le prétendant requerrait auprès du tribunal pour le droit d'obtenir son épouse fille d'épiciers).
Quant au rite de la cérémonie religieuse, il comprenait le gamos accompagné de la gamêlia, rite d'ordre tribal, constitué par la présentation de l'épouse à la phratrie du mari.
Le mois de gamêliôn était le plus en faveur pour se marier, et les fêtes se rattachaient à la vie familiale et au culte domestique.
Avant de s'habiller pour la cérémonie, la fiancée offrait aux dieux ses jouets d'enfant et prenait le bain nuptial. Ensuite avait lieu un sacrifice puis c'était le grand festin des noces. Après quoi, en cortège nocturne, la mariée était conduite à sa nouvelle demeure où elle était accueillie par les parents de son époux et où elle recevait des cadeaux.
 
Chez les Celtes
Un fait notable : souvent, c'est la jeune fille qui choisissait son époux. Pas mal, hein ?
 
Chez les Germains
Un fait notable aussi : c'est l'homme qui apportait la dot (des armes, des chevaux ou de bœufs). D'ailleurs, le droit coutumier français en a gardé longtemps des traces.
Et quand la femme devenait veuve, à son remariage elle devait une indemnité à la famille de son défunt mari. Le morgengab ("présent du matin") était un vestige de ces usages.
 
Au Moyen Age en France
Ce n'était pas rare de voir les mariages se célébrer à la porte de l'église.
Le consentement des parents et des époux était obligatoire... mais aussi hélas, souvent celui du seigneur… qui avait le droit de s'opposer au mariage d'une vassale, ou au contraire, celui de la forcer à se marier.
Au passage, tant qu'on y était n'est-ce pas, le serf devait une redevance de maritage. Et s'il se mariait hors de la seigneurie, il y avait formariage et également redevance. En fait, le formariage était interdit sauf autorisation du seigneur et la désobéissance entraînait une sanction pécuniaire. Il commença à bien disparaître au XVIe siècle mais perdura encore un peu jusqu'au XVIIIe s.
Outre ces redevances, le seigneur exigeait souvent des prestations symboliques telles qu'un mets de mariage ou un droit en argent (marquette).
 
Une jeune fille qui se mariait avec un condamné à mort obtenait sa grâce.
Quant aux mariages interdits par l'Eglise, ils eurent pour effet de créer des mariages à la gaumine (c'est-à-dire non bénits par l'Eglise, mais conclus par-devant témoins).
Ce genre de mariage civil était pratiqué sous l'Ancien Régime. Il a pour origine l'exemple de Gilbert Gaulmyn, intendant du Bourbonnais, qui sous la Fronde se maria par simple contrat notarié. Les foudres de l'Eglise lui tombèrent dessus en déclarant son mariage illicite. Ce qui provoqua de beaux débats entre juristes quant à la validité de ces mariages jusqu'à la fin du XVIIIe siècle. En effet, pour beaucoup d'entre eux le mariage consistait dans le contrat, auquel l'Eglise pouvait ajouter le sacrement.
 
En Occident
Après sa laïcisation de l'Etat et du droit étatique, la Révolution française a sorti le mariage du droit canonique et de la juridiction de l'Eglise. Le mariage civil devint obligatoire (ceux qui n'étaient célébrés que religieusement furent hors du droit) et l'indissolubilité du mariage chère à l'Eglise fut annulée.
Cette évolution fut suivie par beaucoup de pays européens (Allemagne, Belgique, Pays-Bas…) et par les pays socialistes. Mais en Italie, Portugal et Espagne (de tradition catholique) et chez les anglo-saxons et les nordiques (de tradition protestante), les gens ont le libre choix de la forme civile ou religieuse du mariage, les deux ayant la même valeur juridique.
Et si pendant longtemps, le mariage fut la seule façon autorisée d'avoir des relations sexuelles (et exclusives avec son conjoint), aujourd'hui l'adultère n'est plus pénalement réprimé et le divorce est admis du simple fait des époux.
 
Dans les pays musulmans
Le droit du mariage est puisé dans le Coran, mais dans certains pays multiconfessionnels (comme le Liban) le droit qui leur est propre est appliqué aux adeptes de chaque religion.
Imprimer  
Réduire

 

(c)2005-2008 Egyo Systems Conditions d'utilisationConfidentialité